Twitter, facebook: quels usages en font les journalistes?


Sébastien Riglet
Samedi 7 Janvier 2012

Aujourd'hui, les réseaux sociaux sont utilisés par une grande part des professionnels de l'information. Cela amène de nombreuses rédactions à mettre en place des règles sur l'utilisation de Facebook ou Twitter. Ces dernières semblent ainsi vouloir préserver l'exclusivité de l'information et la notoriété de leur entreprise. Au détriment de la liberté des journalistes?


Les réseaux sociaux attirent de plus en plus de journalistes. Si ces derniers utilisent Facebook ou Twitter comme source d’information, ils s’en servent également pour divulguer leurs « scoops ». À en croire une étude récente, menée par le Réseau Oriella PR, qui a interrogé 478 journalistes dans 15 pays,  55% d’entre eux auraient un flux Twitter pour diffuser leurs publications. Du côté de Facebook, on cherche à attirer davantage les journalistes du monde entier. Et pour cela, le site de Marc Zuckerberg a fait une étude, l’été dernier, permettant d’expliquer aux journalistes comment mieux atteindre leur auditoire. Il en ressort, par exemple, que les posts avec photos ont 50% de commentaires en plus. L’étude montre également que les meilleurs jours pour mettre un post sont le jeudi, le vendredi, le samedi et le dimanche, de préférence vers 7 ou 8 heures du matin, ou en fin de journée. Le site Twitter propose pour sa part, et notamment pour les nouveaux inscrits, le  « Twitter for newsroom ». Ce guide en ligne permet aux novices d’avoir de nombreuses idées pratiques pour utiliser au mieux le réseau social. Tristan Berteloot, journaliste au Nouvel Observateur, constate une grande différence entre les deux sites. Il estime que Facebook est plus utilisé "pour la vie privée", précisant qu'il "évite d'ajouter tout le monde". Twitter, au contraire, est plus un site pour écrire "en tant que professionnel".

Twitter, facebook: quels usages en font les journalistes?

Vers une régulation de l'utilisation des réseaux sociaux par les journalistes

D’un côté, les réseaux sociaux cherchent donc à attirer le maximum de professionnels de l’information. De l’autre, et pour éviter certaines dérives, de nombreuses rédactions imposent à leurs journalistes des règles concernant leur rapport à Facebook ou Twitter. À France Télévisions par exemple, une charte des antennes a été rédigée. Celle-ci précise qu’il n’est pas possible d’avoir une identité professionnelle et une identité privée sur les réseaux sociaux. De plus, il est interdit de dire des choses sur Internet et de ne pas les assumer à l’antenne. La chaîne demande donc à ses journalistes de réfléchir avant de tweeter. Du côté du Nouvel Observateur, un mail interne a été envoyé aux journalistes de la rédaction. Il indique que les personnes mentionnant sur Twitter être "journalistes au Nouvel Obs" ne doivent critiquer ni le journal, ni la direction, ni leur service. Ce mail faisait suite à un incident. Quelques jours plus tôt, un journaliste avait indiqué sur la toile que les bureaux de la rédaction étaient vides à 9 heures du matin. Cela n’a guère plu à la direction de l’hebdomadaire. Selon Tristan Berteloot, cette même direction  n'interdit cependant "rien aux journalistes, et il n'y a eu aucune menace de sanctions". Il n'a pas non plus d'avis négatif concernant les chartes sur l'utilisation des réseaux sociaux. Elles ne "vont pas nuire à la liberté des journalistes et font en quelque sorte partie de la déontologie de la profession".

Twitter, facebook: quels usages en font les journalistes?

Quelles limites sur Twitter?

Se pose donc la question de l’utilisation des réseaux sociaux par les journalistes. Doivent-ils parler en leur nom ou celui de leur journal ? Peuvent-ils diffuser une information en exclusivité sur leur compte avant que cela ne soit fait par le média pour lequel ils travaillent ? Tristan Berteloot précise que, pour sa part, il lui arrive de tweeter une information, avant la sortie d'un papier, mais seulement lorsque "le papier est quasi prêt". Cela permet de "donner une information aux followers afin qu'ils puissent réagir, et qu'ils soient au courant qu'un article va bientôt paraître". Pour éviter tout problème avec leur rédaction, les journalistes sont de plus en plus nombreux à indiquer sur Twitter que leurs tweets n'engagent que leur auteur. Avec la multiplication de chartes d’utilisation des réseaux sociaux, il ne serait pas étonnant que ce type d’indication devienne obligatoire.

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