En juin 2009, Mahmoud Ahmadinejad est réélu dans des conditions douteuses. Des milliers d’opposants bravent la répression et crient leur colère dans les rues des grandes villes d’Iran. Le monde entier s’extasie alors devant la capacité du peuple iranien à se mobiliser rapidement et efficacement. Notamment en utilisant Internet, et ce, malgré le contrôle qu’exerce le pouvoir sur ce média. Car comme l’explique le Wall Street Journal, l’Internet iranien est surveillé très efficacement grâce à un système conçu par deux entreprises européennes : Siemens et Nokia.
Internet au doigt et à l’œil
Mais alors même que le web était devenu un outil merveilleux au service des masses, l’expérience montre pourtant que cette arme est à double tranchant. Le gouvernement iranien aurait en fait rapidement réagi sans jamais perdre réellement la main. Le conflit se déroulait en parti sur le web, le gouvernement a mené la bataille sur le web. Comme le suggère Slate.fr, Internet a aussi été utile pour le pouvoir en place qui aurait largement utilisé le réseau comme un outil de propagande. La technique du crowd-sourcing a ainsi pu être détournée pour servir à la dénonciation. Le site Gerdab.ir publie des photos de personnes ayant participé aux manifestations et les internautes sont priés de communiquer le nom de ceux qu’ils reconnaissent.
Le régime contrôle la Toile, et ce, depuis que l’Iran s’est connecté au web en 1992. Les religieux chiites justifient à leur manière la censure : « Nous n’accepterons Internet que si le pouvoir de l’Islam est reconnu, et si nos principes sont respectés. C’est la première condition de notre collaboration, » s’exclamait l’ayatollah Syed Monirad Hosseiny en avril 1997 dans le magazine Planète Internet. Des « principes » religieux qui dépendent bien entendu de l’interprétation que l’on fait des textes sacrés, et qui ont inévitablement un impact politique dans une république islamique.
Le régime contrôle la Toile, et ce, depuis que l’Iran s’est connecté au web en 1992. Les religieux chiites justifient à leur manière la censure : « Nous n’accepterons Internet que si le pouvoir de l’Islam est reconnu, et si nos principes sont respectés. C’est la première condition de notre collaboration, » s’exclamait l’ayatollah Syed Monirad Hosseiny en avril 1997 dans le magazine Planète Internet. Des « principes » religieux qui dépendent bien entendu de l’interprétation que l’on fait des textes sacrés, et qui ont inévitablement un impact politique dans une république islamique.
Juste un instant de panique
Devant l’ampleur des manifestations et des échanges numériques, les services de censure ont semblé un temps dépassés par les évènements. Le réseau social Twitter est présenté dans les médias comme le responsable du succès de la mobilisation, un formidable outil révolutionnaire, une véritable arme contre le régime iranien.
Mais non, le web n’est pas un espace de liberté absolue pour les Iraniens, comme le rappelle l’étude d’Opennet actualisée en 2009. Les premiers instants d’euphorie ont vite laissé place à la désillusion, car peu de temps après les premières émeutes, les accès à Youtube, Facebook et aux sites d’information en persans ont été coupés. Et quand à Twitter, le site Cnis-mag se demande si ce ne serait pas un banal « oubli ». Peut-être tout simplement un problème de maîtrise technologique. En effet, pour contourner les systèmes de filtrages gouvernementaux, les Iraniens sont très bien rodés. Ils utilisent notamment des serveurs proxy comme l’explique Alan Boyle sur son blog.
S’il ne peut contrôler techniquement Twitter, il reste au gouvernement une option : le rendre inefficace. Pour cela, il suffit de le discréditer. Le pouvoir a-t-il réellement investi les sites sociaux, comme le prétendent certains blogs ? N’est-ce qu’une rumeur ? Impossible de vérifier de telles informations étant donné la chape de plomb qui s’est abattue sur l’Iran depuis le départ des correspondants de journaux étrangers. Toujours est-il que ces on-dit alimentent un climat de suspicion vis-à-vis d’Internet et des outils comme Twitter. Qu’une traque à l’opposant ait bien lieu sur Internet, qu’elle ne soit qu’une illusion collective ou bien une rumeur lancée par les partisans d’Ahmadinejad, le résultat est le même. La peur d’un noyautage d’un Internet libre décrédibilise les messages de mobilisation qui y circule, ce qui convient parfaitement au régime.
Mais non, le web n’est pas un espace de liberté absolue pour les Iraniens, comme le rappelle l’étude d’Opennet actualisée en 2009. Les premiers instants d’euphorie ont vite laissé place à la désillusion, car peu de temps après les premières émeutes, les accès à Youtube, Facebook et aux sites d’information en persans ont été coupés. Et quand à Twitter, le site Cnis-mag se demande si ce ne serait pas un banal « oubli ». Peut-être tout simplement un problème de maîtrise technologique. En effet, pour contourner les systèmes de filtrages gouvernementaux, les Iraniens sont très bien rodés. Ils utilisent notamment des serveurs proxy comme l’explique Alan Boyle sur son blog.
S’il ne peut contrôler techniquement Twitter, il reste au gouvernement une option : le rendre inefficace. Pour cela, il suffit de le discréditer. Le pouvoir a-t-il réellement investi les sites sociaux, comme le prétendent certains blogs ? N’est-ce qu’une rumeur ? Impossible de vérifier de telles informations étant donné la chape de plomb qui s’est abattue sur l’Iran depuis le départ des correspondants de journaux étrangers. Toujours est-il que ces on-dit alimentent un climat de suspicion vis-à-vis d’Internet et des outils comme Twitter. Qu’une traque à l’opposant ait bien lieu sur Internet, qu’elle ne soit qu’une illusion collective ou bien une rumeur lancée par les partisans d’Ahmadinejad, le résultat est le même. La peur d’un noyautage d’un Internet libre décrédibilise les messages de mobilisation qui y circule, ce qui convient parfaitement au régime.






















Internet fédère la diaspora iranienne
