Autant le dire tout de suite, la crise de la publicité, Internet ne connaît quasiment pas. Sur les 10 premiers mois de l’année 2009, la e-pub présente une hausse de 6,9 %. Une performance remarquable car dans le même temps la publicité dans la presse écrite, à la télévision et à la radio accuse une baisse de 1,1 %.
Baisse du revenu par visiteur unique
Mais pourquoi alors les sites de presse se plaignent-ils ? Car la plupart d’entre eux tirent la langue. A l’image de Nicolas Beau, le rédacteur en chef de Bakchich.info, qui expliquait début novembre, « la publicité nous a rapporté jusqu’à 10 000 euros par mois. Subitement, cette somme est passée à 2 000 euros. Forcément ça laisse des traces. »
En fait, le problème de la publicité c’est qu’elle rapporte de moins en moins d’argent par visiteur unique. Pour un site comme Bakchich qui n’a pas vu son audience augmenter, cela entraîne une perte nette de la manne publicitaire.
La raison de la baisse du revenu par visiteur unique, explique sur son blog le journaliste web Jean-Louis Dell’Oro, vient de l’abondance des espaces publicitaires sur la toile. En effet, il y a de plus en plus de sites Internet comme le révèle le graphique de l’évolution du nombre de noms de domaine déposés en .fr. Pierre Haski, le co-fondateur de Rue89 et directeur de la publication, pensait ainsi pouvoir atteindre l’équilibre financier en 2009 en même temps que l’audience de Rue89 dépasserait le seuil des 1 million de visiteurs uniques. Las, il devra attendre un peu, même si dans ce cas précis, l’optimisme est de rigueur.
En fait, le problème de la publicité c’est qu’elle rapporte de moins en moins d’argent par visiteur unique. Pour un site comme Bakchich qui n’a pas vu son audience augmenter, cela entraîne une perte nette de la manne publicitaire.
La raison de la baisse du revenu par visiteur unique, explique sur son blog le journaliste web Jean-Louis Dell’Oro, vient de l’abondance des espaces publicitaires sur la toile. En effet, il y a de plus en plus de sites Internet comme le révèle le graphique de l’évolution du nombre de noms de domaine déposés en .fr. Pierre Haski, le co-fondateur de Rue89 et directeur de la publication, pensait ainsi pouvoir atteindre l’équilibre financier en 2009 en même temps que l’audience de Rue89 dépasserait le seuil des 1 million de visiteurs uniques. Las, il devra attendre un peu, même si dans ce cas précis, l’optimisme est de rigueur.
La spirale infernale de la course à l’audience
La publicité et les sites de presses, c’est une équation compliquée. La plupart d’entre eux ont une absolue nécessité de la publicité. Ils ne peuvent survivre sans elle, car elle est leur principale source de financement. Du coup, il faut attirer toujours plus d’internautes pour convaincre les annonceurs. La logique est la suivante : plus les sites produisent d'articles, plus ils ont des chances d’être référencés par Google, plus ils vont générer du trafic sur leur site et plus les annonceurs seront intéressés… Et à partir du moment où l’on rentre dans cette logique, le risque de privilégier la quantité à la qualité est grand, et inquiétant.
Si les pure-players sont moins enclins à rentrer dans cette spirale, car ils doivent absolument se démarquer de la concurrence, n’ayant pas de grands groupes derrière eux, les sites de presse de médias traditionnels, eux, sont directement concernés. Et comme l’explique Jean-louis Dell’Oro, « ils ont troqué leur audience contre de l’audience.» Les sites tels le Figaro, Libération ou L’Express, qui avaient un public spécifique du fait de l’orientation des titres de presse écrite, sont maintenant quasiment similaires dans leur contenu. La diversité de la presse en prend évidemment un coup.
Si les pure-players sont moins enclins à rentrer dans cette spirale, car ils doivent absolument se démarquer de la concurrence, n’ayant pas de grands groupes derrière eux, les sites de presse de médias traditionnels, eux, sont directement concernés. Et comme l’explique Jean-louis Dell’Oro, « ils ont troqué leur audience contre de l’audience.» Les sites tels le Figaro, Libération ou L’Express, qui avaient un public spécifique du fait de l’orientation des titres de presse écrite, sont maintenant quasiment similaires dans leur contenu. La diversité de la presse en prend évidemment un coup.
Les pratiques inquiétantes de certains médias américains
Pire encore, des médias américains sont en train de mettre en place des modèles qui étaient totalement inconcevables il y a encore quelques années. Le fournisseur d'accès à internet AOL va ainsi changer le fonctionnement de son portail d'information. Les journalistes, des pigistes, seront mis en relation directement avec les annonceurs et les lecteurs pour faire de nouveaux choix éditoriaux. Concrètement, AOL va détecter avec son moteur de recherche les sujets les plus intéressants aux yeux des internautes. Si un sujet suscite l'intérêt des lecteurs, il le suscitera d'autant plus pour les annonceurs qui y voient un bon coup marketing... Chaque annonceur pourra sponsoriser un article et le journaliste d'AOL sera d'autant plus payé s'il traite un sujet rémunérateur aux yeux des annonceurs. La sacro-sainte ligne éditoriale sera donc définie par l’intérêt financier des sujets…
Le Huffington post rapporte ; également une technique similaire : le AB testing. Le principe ? Générer plusieurs titres pour un même article pour voir lequel génère le plus de trafic. L’objectif est toujours le même, attirer les annonceurs. Le résultat est parfois déconcertant...
Ces pratiques sont pour le moins inquiétantes. Loin d’être les modèles du web-journalisme de demain, elles devraient plutôt servir de repoussoir. A condition de trouver des financements autre que la publicité ?
Le Huffington post rapporte ; également une technique similaire : le AB testing. Le principe ? Générer plusieurs titres pour un même article pour voir lequel génère le plus de trafic. L’objectif est toujours le même, attirer les annonceurs. Le résultat est parfois déconcertant...
Ces pratiques sont pour le moins inquiétantes. Loin d’être les modèles du web-journalisme de demain, elles devraient plutôt servir de repoussoir. A condition de trouver des financements autre que la publicité ?






















La Vie Immo a quitté le papier pour la Toile
